Voici le talent des membres que vous pourriez rencontrer en allant vous inscrire sur le forum :
Céleste Fantaisie.
On raconte que quiconque s'y penche trouvera la réponse à ses questions.
On raconte que ceux qui ont fini par savoir auraient préféré rester ignorants.
On raconte... Mais nul n'ose conter sa traversée, le chemin tortueux qui y conduit.
Nul ne saurait la placer sur une carte sans faire d'approximation...
Elle ne se montre qu'à ceux qui savent l'entendre, ouvrir leur esprit et leur c½ur à son chant.
C'est ainsi qu'elle a su préserver son secret... La source de vérité...
Loin encore, dans la ville des hommes...
Entouré mais si seul, les Murmures pour seuls compagnons, il parcourait les livres déjà usés de la bibliothèque, suivant l'écriture d'une main tremblante. Ses doigts semblaient caresser la reliure des ouvrages, ses yeux parcouraient avidement les lignes. Il n'aurait jamais cru pouvoir trouver une réponse. Jamais...
Mais dans sa tête.
Dans son esprit elles bourdonnaient.
Les Voix.
Elles ne voulaient pas qu'il s'y rende... Il les sentait en lui comme un essaim d'abeille, sensibilisant davantage ses sens à ce qui l'entourait.
La couverture des livres n'était plus douceur d'une époque passée mais rugueuse... Le silence de la bibliothèque n'était plus apaisement mais oppressant.
Elles ne voulaient pas et lui démontraient d'avance la rudesse du voyage qu'il voulait entreprendre.
Avaient-elles peur qu'il découvre ?
Il ne savait pas... Il ne cherchait plus.
Juste cette douleur qu'il combattait jour et nuit.
Un sentiment diffus de vide et de détresse qui rongeait son âme, lui volait sa vie.
Et ce talisman, celui à qui il s'abandonnait pour retrouver courage et volonté.
Non, elles ne lui voleraient son être.
Il resterait homme. Mais il ne serait que souffrance.
Ses doigts semblaient être les danseurs malhabiles d'une valse improvisée, frétillants de peur et d'avance possédés par les Voix... Le garçon tenta de se contrôler, mais son acharnement était bien inutile.
Elles avaient le pouvoir.
Elles le tenaient.
Lui n'était qu'une passe vers leur volonté.
Oh Dieu... Pourquoi, pourquoi me testez-vous ?
Il ramena ses mains à lui, les collants sur sa poitrine. Les battements de son c½ur étaient ceux d'un animal prit au piège. Affolés... Leurs gongs résonnants dans son crâne...
J'ai mal... Tellement mal au fond de moi...
Il laissa là les ouvrages, années de recherches et décennies de savoir.
Il les observa, comme vivants, trônants avec fierté sur la table de bois sculpté, parmi les fresques et les reflets acajou.
Il lui fallait partir.
Partir avant d'être envahit par Leurs promesses envoûtantes.
Fuir avant de se perdre.
Le bruit traînant de ses bottes fut le seul à briser le silence du lieu. Jamais tel silence n'avait parcouru les rangs des fidèles, agenouillés devant la croix du seigneur.
Il sentait déjà les perles de sa crainte couler le long de ses tempes. Il ressentait enfin l'effort de sa lutte.
Elles ne l'auraient pas.
Et leur murmure qui devenait mélodie morbide.
Leur parole qui le baignait dans les ténèbres.
Laissez-moi, laissez-moi donc... Le saint Père veille sur moi... Laissez-moi...
C'est ses mains qui, lentement, ouvrent les portes du dehors. Et l'air enfin, dans ses poumons, le tumulte de la rue pour égayer son esprit. Cette fraîcheur, cette douceur d'une brise printanière. Une caresse sur son visage, le soleil pour repousser l'obscurité.
Nul ne saurait mieux me protéger que la Lumière elle-même.
Il s'abandonna à son répit, court instant avant qu'un nouvel assaut ne mette son esprit à l'épreuve. Il lui fallait quitter la ville de Louise... Mais pas à pieds.
Sinon, elles l'auraient.
Sinon, jamais il n'atteindrait la source, courbé de douleur et à nouveau soumis.
Il voulait savoir.
Il voulait comprendre...
Mais trouverait-il la source ?
Ses pas le guidèrent près d'une écurie.
Traverser la ville déjà encombrée s'était avéré une délivrance, occupant son esprit à l'activité des passants. Toute cette vie... Comme il était bon de s'en servir !
Les chevaux du Maître étaient tous de grâce et de fierté dotés. C'est d'un étalon brun à la crinière foncé qu'il se vit possesseur, marchandant avec l'homme, tirant un bon prix de la bête.
Il la fit garder le temps de s'approvisionner pour quelques jours. Le reste du temps, il tenterait de chasser.
Le marché donc... Il s'y rendit en hâte.
[ Zayth ]